Mai, joli mois de mai...
De l'eau à profusion, le ciel gondre, pleure, se répend sur nos épaules, la terre, les rivières.
Le ciel passe du bleu profond au gris grondant, le vent souffle chassant les nuages et les ramenant,
c'est un interminable ballet au dessus de nos têtes.
Le temps des robes légères n'est pas encore venu, à peine le temps de défroisser les tissus printanniers que les pulls douillets se font nécessaires... Les pieds restent chaudement enfouis dans les chaussures capables de tenir la cheville encore trop fragile, mais les pas se sont permis des heures et des découvertes grandioses.
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Tirez la chevillette, et la bobinette chèrera ...
Nous avons profité, Miss 4 et moi d'une visite de la fabrique de sirop d'Eyguebelle, à voir, goûter, visiter absolument (même si la demoiselle n'a pas été enchantée par la visite, pensez donc ma brave dame, elle aurait été mieux à jouer sur l'ordi par ce temps lumineux... y a plus d'jeunesse... que des zombis de l'écran), mais la râlerie n'a duré que le temps dela visite guidée puisque le but supprême était de déguster des parfums de sirops inconnus de ses papilles gourmandes.
Nous en sommes revenues avec 3 bouteilles :
un réglisse étonnant, un "pétillant" citron cédrat et l'inimitable et préféré de la damoiselle : orgeat...
Allez faire au moins une balade virtuelle sur le site de la Distillerie, ça se passe là et de commentaires supplémentaires de ma part.
Une fois visite et dégustations terminées, le ciel nous a fait la grâce de continuer sa légèreté bleutée, une petite promenade sur Roussas, à deux pas de là... Retourner le village est une promesse que je me suis faite, histoire de surplomber une partie de la Drôme provençale d'un autre point de vue...
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La semaine étant légère, une autre visite, pas guidée cette fois mais chez des amis à la Combe, près de rémuzat, des partages de rires, de chuchotements et les yeux toujours aussi éblouis par le lac de Cornillon, le pas des ondes tout de vert vêtu...
"Il reste toujours quelque chose de l'enfance, toujours" Marguerite Duras ( Des journées dans les arbres)
"Elle rougit quand si on lui parle de chaise ; pour ce qu'elle y pose" Claude Daubercies
Des rencontres et des couleurs éphémères, signes d'un printemps pourtant bien là, et de métamorphoses
"Dans les contes pour enfants, les princesses donnent des baisers aux crapauds. Dans la vie réelle, les princesses embrassent les princes et ceux-ci se transforment en crapauds" Paulo Coelho
S'en est suivi un week-end, un peu plus haut cette fois, les chaussures bien ancrées, mes yeux prêt à découvrir des paysages interminables, toujours en douceur pour prendre soin de la cheville, tout en douceur pour se faire à cette autre Drôme, tout en douceur pour prendre le temps d'admirer...
Un matin à découvrir un village haut perché, lentement...
Un petit tour au marché de Crest, (histoire de changer de celui de Nyons et de faire le plein de "bon-manger", cuisiné plus tard de mains d'expert) où lors d'une pause café, nous avons eu la surprise d'assister à un échantillon de spectacle, une manifestation afin de soutenir le mariage pour tous ( ou pour personne ...)
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L'après-midi j'ai été emmenée sur des hauteurs afin d'offrir un panorama fantastique à nos yeux en découverte
"Le vertige c'est autre chose que la peur de tomber. C'est la voix du vide au-dessus de nous qui nous attire et nous envoûte, le désir de chute dont nous nous défendons ensuite avec effroi" Milan Kundera
( L'insoutenable légèreté de l'être)
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Dernier jour de ce week-end là : L'Isère "proche", pas de paysage pour l'APN cette fois mais de l'architecture... Là où l'Homme a su laisser des traces de ses mains travailleuses et prospères...Youpla boum...
Ca se passe là... à Saint Antoine l'Abbaye ... Le sentier du flâneur est à suivre selon l'envie et les curiosités à portée de vue...
"Flâner est une science, c'est la gastronomie de l'oeil"
Honoré de Balzac
Et c'est ce que nous avons fait: flâner, le nez souvent en l'air...
Le sentier du flâneur permet de découvrir la cité médiévale de St Antoine l'Abbaye,
en passant par des ruelles étroites et autres goulets de pierres,

un autre parcours, champêtre celui là est faisable, des chances pour que nos pas s'y retrouvent une fois moins bancale sur mes pieds.
Des possibilités de pauses, de se laisser porter par les couleurs, les parfums entêtants, des matières rugueuses et tendres à la fois

Fer et défaire...
Le vrai bonheur ne dépend d'aucun être, d'aucun objet extérieur. Il ne dépend que de nous
Dalaï Lama
Un petit tour par ci...
Malgré un printemps capricieux les yeux ont la possibilité de se régaler,
Entre deux averses le soleil nous fait l'honneur une fraiche présence et m'a permis de découvrir d'autres paysages de cette riche Drôme...
Entre les arbres maintenant tout de vert vêtus, les montagnes se posent au regard et leur majestueuse grandeur, les courbes même les plus lointaines font de merveilleux plis sur les coins de mes yeux
Mais la matière me fait écarquiller le regard, sans cesse, partout, toujours... Au point d'en oublier parfois de poser les pieds au bon endroit... Et de me ramasser joliment, m'obligeant à me poser depuis un instant, de laisser cette cheville en recomposition nécessaire...(je tiens à précisir que je n'ai pas fait de marche armée de béquille, la balade d'ici ayant été faite quelques jours avant la douce entorse)...
Avant d'emplir mes yeux de paysages infinis, j'ai commencé ma quête du fabuleux avec ce qui se trouvait autour de moi..
Il m'a suffit d'ouvrir la porte, de regarder à deux pas de moi ...

Les couleurs surannées du bois des portes et des volets, les traces des mains de l'Homme sur leur matière, le travail du temps ont sur moi une fascination intime
Mon regard se pose aussi sur les mousses aux couleurs éclatantes, petites lumières étincelantes des forêts,
La nature offre des matières vibrantes et des formes suggestives contre lesquelles il est bon de passer la main...
Les pierres me chuchotent des mots emplis de vie, de douces mélodies portées par le vent, les jours et les nuits de celles et ceux passés par ces roches faconnées, ici et là, leurs histoires et leurs rires, leurs tourments et leur labeur.
Au bout de nos pas se déroule le tapis de la terre riche de mille merveilles, de secrètes lueurs, de richesses indomptables...
Le paysage jamais ne devient fade, même sous un ciel laiteux, sur la terre gorgée d'eau...
Où mes pas de Sardine se posent un peu plus assurément...
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Les descriptions de femme resssemblent à des vitrines de bijoutier, on y voit des cheveux d'or, des yeux d'émeraude, des dents perles, des lèvres corail. Qu'est-ce si l'on va plus loin dans l'intimité !
Jules renard
On tourne les pages... Et les saisons changent enfin
Qu'est-ce qu'on fait quand on a la cheville immobilisée par une entorse et qu'on ne peut pas continuer de bêcher son jardin alors que le ciel a enfin décidé de montrer ses meilleurs atouts printanniers après des jours et des nuits de pluie, orage, froid et autres délices d'un hiver qui joue les prolongations ? Ben on fait des p'tits trucs à l'intérieur, on tape des articles restés en attente, on boit du thé, (du moins on va en boire encore plus, et vivre au ralenti puisque l'immobilisation est très récente....Et m'agace déjà... screugneugneu), on met en place au moins dans la tête les projets, sans parler des mais qui vont du coup travailler doublement... ( si vous avez des idées, je suis preneuse ... En dehors de la tv... )
Ces dernières semaines, j'ai lu quelques livres pas tous dignes de figurer dans mes préférences ici, j'en ai aimé certains, me suis vite débarassée de certains autres pas, mais mon dernier coup de coeur, celui qui m'a fait sourire, rire et m'a fait verser des larmes alors que je me doutais d'une fin sans rose est celui de Grégoire Delacourt, celui là-même de " La liste de mes envies" dont je parle ici et qui est en tournage actuellement à Arras.... Un blogueur y a mis ses mots et je lui laisse la parole...Ca se passe là http://lechemindurayon.blogspot.fr/2013/04/la-liste-de-mes-envies-un-film-tourne.html
Pour ma part, c'est ce livre là que j'ai lu à la vitesse de la lumière
Le dernier né de l'écrivain, son troisième roman " La première chose qu'on regarde" est un bon moment de lecture... Outre le fait que j'y ai lu les noms de villages et villes que je connais plutôt bien, l'histoire est loin d'être banale sans pour autant être improbable, les personnages sont réalistes, meurtris, sensibles, tendres, emprisonnés dans un passé-camisole (comme dans les deux premiers romans de Delacourt) dont ils tentent de se libérer, comme tout un chacun, certains le trouveront forcément enveloppé de looooooongs chapitres décousus, de phrases que quelques critiques littéraires ont déclaré comme " ennuyeuses"...moi j'ai été émue par les personnages sans artifice de ce troisième roman. L'écrivain changera peut-être un jour de style, toujours est-il que je ne me suis pas ennuyée, j'ai été prise dans leurs tourments, j'ai réagi avec ma sensibilité extrême dans le bien comme dans le douloureux des deux protagonistes, parce que je suis comme ça, avec ce livre là comme avec beaucoup d'autres, à partir du moment où l'on touche à mes cordes-émotions... Quitte à rire aux éclats dans le tram, à pleurer dans la salle d'attente, à ne pas entendre arriver les amis à la terrasse du café, emmenée entre les lignes d'un auteur entré intimement, à pas feutrés ou avec violence dans ma trop grande "sensiblerie"...
Ce roman là m'a plu, parce qu'il se lit "facilement", ne se pose pas de question intellectuelle, ne demande pas de revenir sur les les chapitres à 3 reprises pour en comprendre le sens, il s'adresse aux intimidés comme aux pieds bien plantés et ne fait pas mal si ce n'est au coeur un moment...Un court moment.
C'est de la vie, et des blessures sans faux-fuyant, mais aussi une crème réparatrice sur les bleus, une façon de se voir aussi dans un roman parfois... Non-insignifiants êtres vivants que nous sommes tous et loin d'être héros d'improbables aventures... N'est pas Indiana Jones ou BHL qui veut , encore faudrait-il en avoir l'envie...
Et pour vous faire patienter jusqu'à mes prochaines aventures, celles passées et à mettre sur papier virtuel, et les prochaines balades...Quand l'entorse ne sera plus qu'un souvenir pour mes ailes de Sardine...
Voilà quelques traces d'un printemps encore bien léger...
"L'aventure c'est le trésor que l'on découvre à chaque matin"
Jacques Brel L'Aventure
C'était un jour de mars...
Elle prend son temps me direz-vous pour faire son rapport de ces minutes instructives lors de la visite de la Distillerie, non pas de whisky, car comme chacun sait ( ?!)- la Drôme Provençale n'est pas réputée pour ça, bien que de bons vins y soient produits, je vous l'assure...
mais c'est à la Distillerie Bleu Provence que je me suis rendue un mercredi pour en savoir plus sur l'or bleu qui envahit merveilleusement les champs...
Je parle évidemment de la lavande, de son parfum envoutant, des pouvoirs magiques des huiles essentielles tirées de chaque variétés - 3 pour notre région-
Je ne vais pas vous faire une leçon de choses, pour ça je vous laisse vous promener sur leur site, c'est ici que ça se passe ou mieux... Venez à Nyons, et faites la visite, je vous propose également de découvrir les environs, les paysages fabuleux, les villages perchés, les gourmandises, la bière de cette petite ville, les vins ( encoooore...hip...voui, je grois bien gue j'ai abusé d'un délizieux Vinsobres...hip ...) Vous pourrez pousser, non pas le bouchon un peu loin, ( il est sur le tire-bouchon) mais le pas et en profiter pour arpenter les montagnes, traverser les rivières, grimper sur les flancs des collines ensoleillées...
Non, promis je n'ai pas été mise à contribution par l'office de tourisme de la ville, ils font très bien leur travail (d'ailleurs ça se passe là pour plus de renseignements.. ), à peine 9 mois que je suis là, le temps idéal pour éclore, et laisser les ailes se faufiler entre les interstices légères...
Mais chuuuuuuuuuuuuut, le déploiement est fragile et lent...
"Ne pas détruire, ne frôler qu'avec délicatesse..."
Paroles de Sardine à peine ailée...
La " salle des machines" la partie sortante de l'iceberg
Les outils qui vont bien... Entre les potions magiques... les balais volants
Et des tourbillons qui donnent la vie aux huiles essentielles
Entre l'air et l'eau
C'est une autre Drôme qui nous a été offerte ce week-end, après un samedi pas comme les autres, le dimanche a tenu ses promesses de belles découvertes.
Les pas nous ont conduits après quelques râleries de courte durée de la part de Miss 4, vers une eau pure
et des espaces infinis...
Après un peu plus d'une heure de route, c'est vers Crest que nous nous sommes rendus, vers de nouvelles routes, assez haut où je me suis sentie grandes enfin, à nouveau, nous avons été accueillies avec gentillesse et simplicité.
La promenade du samedi nous a conduites vers une ambiance en dehors de nos jours habituels...
( Aucune photo pour ces instants là qui restent pourtant en mémoire pour bien longtemps...(l'APN était resté au chaud)
Je suis allée de découvertes en étonnements, prise d'une peur vite évaporée...
Quant à Miss 4 elle a pris les rênes avec une facilité déconcertante...
Ce qui me fait dire que les enfants ont en eux la facilité à se mouvoir dans de nouvelles situations sans se poser de questions superflues, inutiles...
Ce qui s'est passé dimanche ne s'envolera pas non plus de ma mémoire tant mes yeux et mes sens ont été troublés .
La vie s'est emparée de moi à 100% et ne m'a pas lâchée...
Il a d'abord fallu se rendre là-haut, juste assez pour y respirer un autre air, et ouvrir les mirettes sur des paysages de vallées et de pierres...
La surprise fût de taille quand la promesse de nous faire découvrir un des plus merveilleux endroit de la Drôme des collines fût tenue...
Tenez-moi la main, cette fois c'est moi qui vous mène là où la vie se faufile sans compter...
Impossible de se perdre en chemin, et si vous avez pris soin de bien accrocher votre coeur vous le sentirez taper très fort dans sa cage d'os,
La descente vers l'eau pure se fait avec une facilité qui laisse présager un retour presqu'à bout de souffle...
Mais quels plaisirs de s'être laissés porter jusque là...
Les pierres qui furent habitées auraient certainement beaucoup de secrets à dévoiler
Après quelques minutes d'une rapide marche en descente, nous voilà émerveillés par un paysage onirique où les elfes et les gnomes se cachent certainement des curieux promeneurs...
Une branche semble prisonnière de ce cristal mouvant
La fraicheur du pur joyau pare les roches d'un scintillement mirifique
Deux pierres semblent en vie, se parlent, s'approchent doucement pour ne plus se quitter, s'enveloppent d'une mousse épaisse et chaude
Et à deux pas de là, l'eau se jette dans un fracas musical pour nous asperger de vie
Une cascade translucide se jette à nos pieds, donne à la rivière une couleur d'émeraudes
Et le vert chante à nos pieds redevenus légers
Après une pause à emplir nos regards de cette immensité intime, nous remontons
Et cette fois nous surplombons la vallée, de si haut me semble t'il, le coeur battant la chamade nous sommes au-dessus d'un vide sensationnel
La sommet de la cascade est maintenant sous nos yeux
Pas besoin de s'arnacher, juste prendre les précautions d'usage et s'attacher à la promesse d'y revenir
Après ça inutile de vous dire comme les estomacs se faisaient entendre
La halte conduit irrémédiablement vers une auberge connue des marcheurs
Une fois les ravioles englouties, les desserts savoureusement parfumés dévorés, c'est vers une autre balade que nous avons été emmenées
Cette fois c'est par la montée que nous commençons, pas de sieste à l'auberge ( j'avoue qu'elle aurait été la bienvenue)
La marche nous aménera jusque là-haut...
Courage Miss, tu vas y arriver... A peine 20 mn de montée, à sentir tambouriner le coeur...
Et nous voilà au sommet avec le doux soleil du printemps nous caressant les joues et la nuque
Mes yeux n'ont pas fini de se souvenir...
Ma peau de sardine n'a pas fini de sentir comme elle fût touchée
Un après-midi de printemps
En ce premier jour d'avril, voilà quelques fleurs d'un printemps bien timide,
Leur parfum délicat présage des fruits gourmands et des promesses de recettes enivrantes.
Elles sont à leur apogée c'est quand elles sont encore sur l'arbre,
A portée de main...
Cueillez les amandes à la coque à peine éclose,
Exercer une force légère pour ouvrir l'armure et découvrir le fruit qui s'offre à vous
Croquez de vos dents pressées et affutées...
Seuls les bouches gourmandes et les yeux ouverts sur le monde généreux savent les découvrir
Et si vous n'en avez pas près de chez vous,
Venez faire un tour dans la Drôme,
C'est un bel endroit où la luxuriante terre propage des fruits merveilleux à chaque saison
Et des couleurs volées à un arc-en-ciel
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La sardine a passé un week-end de printemps étonnant à ne vouloir garder que les bons moments
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De blanches fleurs d'amandes, Edmond ROSTAND (1868-1918)
Comment on fait les tartelettes amandines
(Cyrano de Bergertac - Acte II Sc IV)
Battez, pour qu'ils soient mousseux
Quelques oeufs,
Incorporez à leur mousse
Un jus de cédrat choisi ;
Versez-y
Un bon lait d'amande douce.
Mettez de la pâte à flan
Dans le flanc
De moules à tartelette ;
D'un doigt preste, abricotez
Les côtés ;
Versez goutte à goutelette,
Votre mousse en ces puits, puis,
Que ces puits
Passent au four, et blondines,
Sortant en gais troupelets,
Ce sont les
Tartelettes amandines !
J'ai passé du temps les mains sur la terre
A l'atelier de poterie il s'en passe de belles, et des colorées même.
Les jours se suivent et ne se ressemblent pas mais rassemblent aussi bien les idées que les êtres
Ces heures là me font assurément du bien
alors que parfois je me sens si petite face à ces boules de terre plus petites encore
Pour suivre ce qui se passe chez "Patati et Poterie" il suffit d'aller là... " Et patati et Patata"
Patricia et Martine m'ont autorisée à mettre les photos que je prends parfois lors des cours
De mon côté je commence à être moins "empesée" une fois les mains posées sur le morceau d'argile qui prend le pouvoir sur mes hantises
Jeudi j'ai pu centrer ce petit bout de 800g, non sans mal, après des heures, des jours, des moments à en oublier de respirer, ce que je pensais être improbable est arrivé...
Je suis consciente qu'il me faudra de longues heures à m'échiner encore, mais ce plaisir extrême que j'ai à laisser mes mains, et tout le reste de ce que je suis, se couvrir de terre est bien présent...
La Sardine en est certaine
Une ombre et la lumière
Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi"
Mathias Malzieu
En quatrième couverture... A garder pour ne pas avoir froid, comme une ombre un peu grande qu'on ajustera sur les épaules au fur et à mesure des jours...Et des nuits
Mathias, une trentaine d'années mais une âme d'enfant, vient de perdre sa mère. Sans le géant qu'il rencontre sur le parking de l'hôpital, que serait-il devenu ? Giant Jack, 4,50 mètres, " docteur en ombrologie ", soigne les gens atteints de deuil. Il donne à son protégé une ombre, des livres, la capacité de vivre encore et de rêver malgré la douleur... Il le fera grandir. Mathias Malzieu nous entraîne dans un monde onirique, intimiste et poignant, dans la lignée d'un Lewis Carroll ou d'un Tim Burton.
L'auteur, dont c'est le tout premier roman, après un recueil de nouvelles que je n'ai pas lues...( une autre fois, assurément) nous offre là un conte où le chagrin se laisse apprivoiser, la peur de l'absence est mise en images avec la féérie de cet artiste rêveur. J'avais été un peu déçue après "Métamorphose en bord du ciel", enchantée après " La mécanique du coeur"... Là j'ai mis les pas dans les étincelles de ses mots.
Le sujet abordé est pourtant loin d'être léger, mais Mathias, le personnage principal s'allége doucement, empétré sans son ombre trop grande dont il finit pourtant par s'y habituer, elle le couvre et le protège ,aidée par ce Giant Jack dont les conseils vont le mener au bord du vide et lui offrir le chemin vers l'acceptation de ce qui ne sera plus.
Une fabuleuse histoire que l'on met aisément en images pour peu que l'on garde en soit ses yeux et son âme d'enfant bien présents, les jours gris comme ceux en couleurs
Dit la Sardine qui s'enveloppe de couleurs les jours lumineux
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Quelques phrases et extraits de ce rêve en pages :
"Oh, qu'est ce que je donnerais pour te serrer dans mes bras et embrasser ton front, arracher la nuit, te brancher sur mon dos. Je t'emmènerai loin, je te soufflerai partout sur la peau, tu le sentiras, tu te sentiras exactement comme avant."
"Elle était un peu sorcière quand elle faisait à manger. Elle avait des recettes, qu'elle ne voulait pas révéler à personne. Sa cuisine était son atelier, son antre à parfums et fumées. Elle faisait monter les oeufs à la neige avec un coup de poignet souple comme un roulement de tambour. Pour les crêpes, elle ressemblait à un Dj, jonglant avec les plaques chauffantes et les poêles comme si elle pasait des disques... Elle cuisinait de la neige, j'en suis sûr, elle faisait cuire de la neige, elle montait les oeufs en neige, elle fabriquait ses oeufs, elle y logeait ses secrets"
"Qu'est-ce qui est arrivé à la fille cachée dans ton coeur ? Elle n'est jamais revenue, alors je l'ai reconstituée à partir des merveilleux souvenirs qu'elle m'a laissés et des graines de rêves qu'elle a semées un peu partout en moi avant son départ. J'ai pétri un bout d'ombre à son image, comme Gepetto avec Pinocchio, mais en version amoureuse, sauf que je ne suis jamais parvenu à lui redonner vraiment la vie. Mais elle m'éclaire encore, et parfois elle me brûle pour que je ne l'oublie pas"
"Plus claire la lumière, plus sombre l'obscurité... Il est impossible d'apprécier correctement la lumière sans connaitre les ténèbres"
Jean Paul Sartre
Que les mots et les images sont beaux parfois...
Un autre film qui renoue avec la douceur et les sourires...
" La petite chambre" Un film de Véronique Reymond, Stéphanie Chuat
La petite chambre Bande-annonce 1
Il était une fois Edmond un vieil homme au coeur fragile, son infirmière Rose au coeur fendu...L'une permet à l'autre d'accepter ce qui ne sera plus, l'autre permet à l'une d'accepter ce qui a été... Leurs douleurs ils vont se les confier et permettre de se libérer des chaines qui les empêchent de faire de plus grands pas.Les pansements sont posés, parfois arrachés d'un coup sec...On sait bien que ça fait mal sur le moment...
Après reste la cicatrice sur laquelle on pose parfois le doigt, comme pour ne pas oublier, ou pour l'adoucir.
Cette histoire parle à beaucoup de monde, du moins c'est ce qui devrait en sortir...
Permettez-vous de vous soustraire à vos pertes...
La montagne n'est pas loin, salvatrice et grandiose, la musique m'a émue aux larmes, les acteurs sont simples et généreux sans grandiloquence...De la justesse et des caresses douces comme le vent d'été...
Un film comme les aime la Sardine...
premiers rayons ... Un bel instant ...




























































































